Ce yo-yo émotionnel que fait vivre l'expatriation !

©Maurine Tric
©Maurine Tric

 

 

Nous sommes le 26 mars, dans exactement deux mois je serai de retour en France.

Comme toujours, le temps défile à une vitesse folle mais encore plus en ce moment.

 

Dans cet article, je propose de vous décrypter un peu cet ascenseur émotionnel vécu au cours de cette deuxième expérience de vie à l’étranger.

Il existe une courbe du processus d'adaptation qui a été initiée par les chercheurs américains McCormick et Chapman qui veut que l'adaptation à un nouvel environnement soit une courbe en U. Le volontariat est une forme d'expatriation pour laquelle cette courbe s'applique. Il y aurait ainsi quatre phases : l'idéalisation, la désillusion, l'adaptation partielle et l'adaptation. Je pense que ces phases sont en effet celles que l'on traverse mais cependant elles sont à relativiser. On ne peut généraliser, chacun vit l’expatriation à sa manière selon ses propres codes, ses habitudes de vies, sa capacité à vivre en milieu interculturel et son expérience passée du vécu à l'étranger. 

 

Pour ma part, si je résume cette année, presque et demie, je dirais que la phase la plus dure a été la première semaine. La phase d'idéalisation n'a donc pas été immédiate. Je me demandais clairement ce que je faisais là et si je n'avais pas fait une connerie. Tout me paraissait si différent de ce que j'avais pu connaitre, en Asie notamment.

Ensuite il n'y a eu que du positif pendant 9 mois, ce qui est donc relativement long. Les rencontres, les découvertes, l'euphorie de cette vie dakaroise n'ont fait que me surprendre chaque jour. Puis entre octobre et décembre, je me questionnais un peu, une certaine lassitude de Dakar m’empêchait de profiter pleinement, le cambriolage m'a beaucoup secoué ; je peux dire qu'à cette étape j'étais en désillusion.

Le retour en janvier a de nouveau était une phase difficile où j'étais clairement hostile à tout ce qui m'entourait.

 

A ce jour, et depuis quelques semaines renversement de situation, je me retrouve enfin dans cette phase d'adaptation que je dirais partielle ; en effet pour une adaptation totale, il faut à mon sens rester bien plus longtemps qu'un an et savoir décoder toute la culture du pays d'accueil.

En ce moment, j'adore complètement ma vie ici. Je ne suis pas naïve et je lie ça à mon proche départ. Depuis que je suis claire avec moi-même, que je sais que je pars, toutes les petites déconvenues du quotidien se sont comme envolées. Je ne vois plus que le positif et je profite de tout ce que la vie à Dakar peut m'apporter. 

 

Une journaliste rencontrée récemment a proposé de m'interviewer, vous retrouverez ici un petit résumé de mon expérience à travers mes réponses.

 

Ce que j'apprécie le plus au Sénégal est le contact humain. Ici tu parles à tout le monde, tout le monde te parle. Il y a une douceur de vie qui est difficile à décrire mais qui rend les choses vraiment agréables. Tu t'es habituée au désordre ambiant, à monter dans une voiture poubelle une fois sur deux, à discuter avec ton voisin, à te réveiller sous le soleil, à entendre du Mbalax chaque jours chez tes voisins, à négocier ferme tes taxis, à laisser passer une calèche avant de traverser, à manger un bon poisson grillé le samedi en bord de mer, à boire une bière devant un super coucher du soleil...

Aah Dakar, j'ai déjà ta nostalgie !

Je vous partage quelques petites photos de ces dernières semaines.

 

Atelier d'information sur le volontariat français :

Information auprès des acteurs associatifs locaux et des autorités sur les possibilités d'accueil de volontaires - Tambacounda - Février 2016

Partenariat avec le Lycée français Jean Mermoz :

Semaine de l'Engagement // Carrefour des métiers - Dakar - Février et mars 2016

Accueil et accompagnement des volontaires :

Accueil et intégration de nouveaux volontaires

Weekend de partage d'expériences et de rencontre entre volontaires - Warang - Mars 2016

Nos nouveaux bureaux (déménagement fait depuis mai) 

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Commentaires: 1
  • #1

    Poun et Moun (lundi, 28 mars 2016 11:19)

    Quand tu seras sur le chemin du retour après 17 mois passés au Sénégal, tu en tireras le bilan.
    Ton engagement pour " France Volontaires ", ta progression et ton épanouissement professionnels, tes rencontres humaines et culturelles et tout ce qui de près ou de loin a contribué à t'enrichir.
    Connaître pour comprendre, aider, promouvoir, accompagner...... Voilà bien les bases essentielles pour échanger des connaissances, construire l'avenir et partager le mieux vivre.
    Alors que nous vivons dans un monde ou une poignée de fanatiques, au nom d'une religion sème la terreur, tout ceci contraste avec le monde du "volontariat" et des "associations humanitaires".

    Prends soin de toi pour ces 2 derniers mois, profites de cette terre du Sénégal qui t'a accueillie.
    Saches que nous sommes fiers de toi pour le travail réalisé. Nous avons hâte de nous revoir.
    Pleins de bisous affectueux.
    Poun et Moun.